( 13 décembre, 2011 )

TI-PÈRE MISÈRE

Voici un texte qui paraitra dans l’étinéraire.  mon ami Gilles l’a écrit.

En ce temps des fête le désespoire souvent est plus grand.  que faire lorsqu’un proche s’approche de provoquer la fin de sa vie?

 

À 16 ans, ma première dépression bipolaire a fait de moi un aidant naturel non diplômé. Super hyper-sensible, j’obtenais confiance et confidences  de la part des autres. Telle une antenne parabolique, je captais leurs signaux de désespoirs. En paternant ces personnes, j’empêchais leur suicide. Je devenais donc par défaut le paternel de substitution, leur petit père attentif à leurs misères, ti-père misère quoi !

 Les suicides de deux de mes amis proches, dont le premier qui à l’âge de 20ans se tira une balle dans la tête, et le deuxième mon oncle, qui se jeta duhaut d’une falaise pour se noyer trente pieds plus bas, m’ont fait comprendre qu’il faut frapper vite et fort, lorsque l’on veut venir en aide. Ce n’est pas le temps de mettre des gants blancs pour faire dans la dentelle. Il est impératif que je sorte les gants de boxe, car une vie est en danger de mort.

 Par exemple, il y a  8 ans, j’ai dû intervenir d’urgence dans la vie d’un ami. Depuis des semaines il démontrait des signes de détresses psychologiques. Il croyait que personne ne l’aimait. Il en voulait à la terre entière de ne rien faire pour lui venir en aide. Il n’arrivait pas à pardonner à ses tortionnaires, ce qui lui aurait facilité une réconciliation avec lui-même. Ses blessures le faisaient souffrir, l’enfermant dans les ténèbres de sa propre autodestruction.

 C’est ainsi, qu’il piquait sans arrêt du nez. Je ne pouvais que l’observer mourir, un peu plus, à chacune de nos rencontres. Être là pour lui devenait donc de plus en plus pénible. Cependant, les années m’ont enseignées que les gens dépressifs perçoivent leurs problèmes plus gros qu’ils ne le sont en réalité. Leur état mental provoque chez eux une incapacité à résoudre des problèmes, ce qui atteint leur estime de soi.

 Pour l’aider je devais lui mettre le nez dans sa propre merde, le confrontant à sa propre haine et à tous ses feelings perturbants. En autorisant tout cela, il ne se sentait pas jugé et rejeté par moi. Par expérience, je savais qu’en exprimant intensément son chaos émotif, il finirait par s’en libérer. C’est à mon grand plaisir, qu’il réussit à le faire par lui-même. De plus, son calvaire ne fût pas inutile. Il sait maintenant et pour toujours, que l’amour ne doit pas être un devoir ou une obligation, mais un choix.

 Malheureusement tous n’ont pas voulu comprendre la leçon de vie qu’a reçue mon ami. Ces orgueilleux aux préjugés nuisibles, excluront toujours ceux qui veulent mourir, car trop essoufflés de s’enfoncer. Ils paraissent sans peur et sans reproches, traitant les déprimés comme des loosers et des parasites, mais en réalité ils ont peur de leurs propres tourments. Il est hors de question que cette bande de winners exposent leurs vulnérabilités devant les autres. C’est chose impossible et trop humiliante, pour ces individus s’affichant comme parfaits.

 Voici un exemple duquel j’ai été témoin, démontrant le manque d’humanité et de sensibilité de ces ignorants: lorsque le métro s’arrêta subitement, un passager dit à quelqu’un près de lui, « Y’aurait pas pu trouver un autre moment pour se suicider? ». Devant la scène, j’en ai déduit que la personne qui se meurt sur les rails du métro, est accusée de ralentir le service. C’est à ce moment précis, qu’une folle envie de  pitcher ce con  du haut d’un pont, me traversa l’esprit.

 Même si les préjugés banalisent le suicide,  la souffrance demeure une des plus bénéfiques écoles de la vie, augmentant notre propre sagesse. Même s’il arrive que notre présent soit douloureux à vivre, il n’est pas prometteur d’un futur meublé de malheurs et de tristesses.

 Après tout, le soleil brille pour tout le monde !

BlueGill

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